LETTRE AUX SALARIES D’ALSTOM

Chers Camarades,

 

Nous nous adressons à vous pour exprimer notre colère et notre déception de constater qu’ALSTOM est impliquée dans le projet de construction du barrage " RALCO " sur le fleuve Bio-Bio, au coeur du territoire Mapuche au Chili, projet commandité par la compagnie multinationale espagnole ENDESA (Entreprise Nationale d’Electricité S.A.).

Savez-vous que la construction de ce barrage hydroélectrique de Ralco aurait de graves répercussions humaines, écologiques et ethno-culturelles ?

Il obligerait les communautés Mapuches Pehuenches de la Région du Haut Bio-Bio à abandonner leurs territoires ancestraux.


Savez-vous que ce barrage inonderait toutes leurs terres y compris leurs cimetières, leurs lieux sacrés ?

Savez-vous que, malgré que la loi indigène du 5 octobre 1993 interdise tout transfert des populations indigènes sans leur accord, le gouvernement chilien vient de créer une nouvelle commission qui a pour tâche d’évaluer les terres des communautés qui refusent de les vendre à ENDESA ?


Après que cette commission, ridiculement nommée : " Commission des Bons Hommes ", aura estimé les terres non vendables, ENDESA pourra déposer les sommes estimées par la Commission auprès d’un Tribunal et sera trouvera ainsi autorisée à inonder les terres mapuches en toute impunité. Un millier de Mapuches Pehuenches seraient directement concernés par la construction du barrage de Ralco.

Savez-vous que la CONADI (Corporation Nationale de Développement Indigène), organisme officiel de l’Etat chilien, a rejeté le projet de Ralco car illégal ? En juillet 1996, la CONADI s’est prononcée contre tout transfert de populations. Depuis, le directeur de la CONADI a été mis au placard.

 

Camarades d’ALSTOM !

Nous connaissons l’histoire d’ALSTOM et ses relations mercantiles avec des gouvernements antidémocratiques mais nous sommes aussi conscients de l’existence de ceux et celles qui y travaillent et qui cependant gardent un esprit critique à l’égard des activités de leur entreprise.

Camarades, nous vous demandons de nous faire parvenir la confirmation de la complicité de l’entreprise ALSTOM dans le projet du barrage de Ralco.

Nous vous demandons aussi, chers camarades, d’être attentifs à l’avenir aux nouveaux projets criminels que des entreprises multinationales, comme ALSTOM, réalisent dans les pays pauvres entraînant de graves conséquences pour les populations autochtones.

Les droits de l’homme doivent être respectés partout dans le monde. De même que doit être respectée notre mère naturelle, la terre, et tout ce qui l’entoure.

 

Salutations fraternelles et solidaires

1er mai 2002

Le Groupe de Soutien aux Prisonniers Politiques Mapuches

Le Collectif de Soutien aux Communautés Mapuches en Conflit (E-mail : cscmc@latinmail.com)

L’Association Tierra y Libertad pour Arauco (E-mail : nesvega@yahoo.fr )