LA RÉPRESSION DU PEUPLE MAPUCHE CONTINUE

Plusieurs organisations et groupes de défense du Peuple Mapuche viennent de nous alerter de la nouvelle vague de répression que le gouvernement de M. Lagos, vient de déclencher dans la VIIIe région, au coeur de l'Araucanie, à l'encontre des communautés Mapuches-Pehuenches du Haut Bio-Bio.

Voici le Communiqué de Presse transmis par "Mapuche International Link"(1) en date du 13 mars 2002.

 

Campagne pour la Libération des Prisonniers Politiques Mapuches

Ces derniers mois, le gouvernement chilien du président Lagos (parti socialiste, membre de l'Internationale Socialiste) a relancé une vague de répression à l'encontre du peuple mapuche.

Des manifestations pacifiques ont été organisées mais ont été interdites par le gouvernement de M. Lagos.

Les Mapuches exigent toujours la restitution de leurs territoires usurpés en toute illégalité par l'Etat chilien (2) au profit de 21 entreprises forestières multinationales.

La police chilienne a procédé à l'arrestation et à la détention d'un nombre important de responsables des communautés Mapuches et de leurs organisations. Des perquisitions ont été menées à l'aube accompagnées de la destruction des habitations Mapuches. Des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées ont été brutalisés par les membres des forces armées.

Plusieurs Lonkos (chefs de communautés et autorités traditionnelles) ont été arrêtés dont Pascual Pichun (communauté de Temulemu), Aniceto Norin (communauté de Pantano) aux termes de la Loi dite de sécurité intérieure de l'Etat et de la loi antiterroriste, toutes deux mises en place par la junte militaire de Pinochet et à l'époque vigoureusement dénoncées et condamnées par ceux-là même qui sont aujourd'hui au pouvoir.

De nombreuses familles Mapuches Pehuenches s'opposent à l'exécution de macro-projets tels que le Barrage de Ralco dans le Haut Bio-Bio, que l'entreprise espagnole Endesa est en train de réaliser en totale contradiction avec la Loi Indigène (1993). (3)

La réalisation de ce barrage provoquerait, selon des spécialistes de l'environnement, une altération de l'écosystème dans toute la région, la destruction de la biodiversité existante et entraînerait le déplacement de plus de 5.000 personnes (Mapuches Pehuenches). L'inondation des sites sacrés des Pehuenches et de leurs cimetières ancestraux constituerait une violation de leurs droits. Lors d'actions de résistance au projet de Ralco, 55 Pewenches ont été arrêtés le 5 mars dernier. Parmi eux, des vieillards, onze femmes et des enfants.

Au cours des trois premiers mois de cette année, des centaines de Mapuches ont été mis en prison pour de supposés "délits". Parmi ceux qui ont été blessés certains n'ont pu recevoir les soins médicaux requis et ont été mis en prison tandis que d'autres n'ont pas voulu risquer de se faire soigner dans les hôpitaux de peur d'y être arrêtés. Leurs avocats ont beaucoup de difficultés pour assurer leur défense.

D'après la presse chilienne, 140 membres des communautés Mapuches ont été l'objet de procès dans les tribunaux de justice militaires au coeur du Territoire Mapuche.

La répression s'exerce également contre ceux qui sympathisent avec la cause Mapuche. Invoquant la loi de "détention pour simple soupçon", la police détient, maltraite et menace les Mapuches et non-Mapuches qui protestent contre les injustices et les abus de pouvoir. De nombreuses personnes ont ainsi été arrêtées et persécutées par les services de sécurité chiliens et d'autres expulsées du pays. Le dernier cas récent d'expulsion a été celui du journaliste catalan Marc Serra i Torrent expulsé du Chili le 9 mars. Les autorités chiliennes cherchent à éviter que l'information sur ce conflit parvienne à l'extérieur du pays.

Le 6 mars à Temuco, durant une manifestation pacifique dénonçant la répression indiscriminée du gouvernement, les Mapuches ont occupé les locaux administratifs de la Préfecture de Cautin pour appeler l'attention de l'opinion publique. La police les a délogés de l'édifice et 12 de leurs dirigeants ont été arrêtés.

Nous appelons l'opinion publique nationale et internationale, notamment les organisations de défense des droits de humains et de l'environnement, à exiger du gouvernement chilien, et de M. Ricardo Lagos, d'arrêter sa politique de répression contre le peuple Mapuche, de libérer tous ses prisonniers politiques et de mettre fin à la militarisation de son territoire.

Ce sont les conditions minimales pour créer les bases d'un dialogue avec les organisations mapuches.

Ces différentes organisations exigent le respect de la Loi Indigène N° 19253 sur la Protection et le Développement des Peuples Indigènes, l'application du Pacte International des Droits Economiques Sociaux et Culturels et également de la Déclaration de l'O.N.U. sur l'élimination de toutes les formes de Discrimination Raciale.

Nous appelons à envoyer des fax aux autorités responsables pour mettre fin à cette situation d'apartheid dans le continent américain.

Monsieur

Ricardo Lagos
Présidence de la République du Chili Fax : 56-2 69-04-329

Monsieur
Mario Garrido Montt
Président de la Cour Suprême
Fax : 56-2 69-85-526

Monsieur
Guillermo Piedrabuena
Procureur de la République
Fax : 56-2 87-05-232

Le Groupe de Soutien aux Prisonniers Politiques Mapuches.

Le Colectif de Soutien aux Communautés Mapuches en Conflit et notre Association remercient tous ceux et celles qui soutiendrons cet appel.

 

Note : une commission d'enquête envoyée par la Fédération Internationale de Défense des Droits de l'Homme se trouve actuellement au Chili dans les territoires Mapuches.

 

 (1) Réseau Web d'information Mapuche

(2) Pour mémoire, l'Etat chilien a mené une guerre de conquête des territoires mapuches pendant 30 annnées (1851-1883)

(3) Cette loi qui date de 1993 interdit l'occupation des terres indigènes sans le total accord des communautés concernées.

 

 

TERRE ET LIBERTE POUR ARAUCO

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