Le 23 janvier 2006

 

 

 

Dr Ricardo Eusebio Rodriguez

                                                                       Directeur National des Migrations

CEPARE

COMITE D’ELEGIBILITE

POUR LE STATUT DE REFUGIE POLITIQUE

                                                                       Ministère de l’Intérieur de la République Argentine

                                                                       Avenida Antartida Argentina

                                                                       1335 Buenos Aires 

Monsieur,

 

Nous nous permettons d’attirer votre attention sur la demande d'asile politique déposée auprès de votre Comité par M. Pascual Alejandro PICHUN COLLONAO, âgé de 23 ans, appartenant à la communauté mapuche Antonio Niripil, de Temulemu, commune de Traiguén dans la IXe région, au sud du Chili, et sur lequel pèse - depuis fin 2003 - un ordre d’arrestation de la part d’un tribunal de justice chilien. 

 

Membre reconnu du mouvement social mapuche, défenseur actif des droits territoriaux, culturels et politiques de son peuple, Pascual PICHUN a maintenu, avec sa communauté, une défense incessante de ses terres face à l'avancée des compagnies forestières. Il a résulté de cette résistance une persécution policière et juridique systématique des chefs et des membres de la communauté, de la part des autorités chiliennes. Àinsi, son père Pascual Pichún Pillaleo, lonko (chef traditionnel) de la communauté, et son frère, Rafaël Pichún Collonao, accomplissent actuellement de lourdes peines dans des prisons du sud du Chili ; neuf autres citoyens mapuches sont dans la même situacion, tous jugés sur la base de la "loi 18.314 relative aux activités terroristes" mise en place par la dictature militaire de Pinochet pour persécuter ses adversaires politiques.  Quelques centaines de citoyens mapuches ont été, ces cinq dernières années, jugés par la justice civile et militaire chilienne et sont soumis à une liberté "conditionnelle" ou "surveillée". Tous ces faits ont été déjà dénoncés par des organisations internationales telles que Human Rights Watch, l'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH), Amnesty International et des personnalités telles que M. Rodolfo Stavenhagen, délégué spécialement désigné par les Nations Unies pour les questions indigènes. 

 

Dans son rapport publié en décembre 2003 sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples indigènes au Chili, M. Stavenhagen a recommandé à l'Etat Chilien qu’"en aucun cas" puissent être criminalisées ou pénalisées "les activités légitimes de protestation ou de demande sociale des organisations et des communautés indigènes" ;  “que le combat social pour la terre et les récupérations légitimes indigènes ne fassent pas l’objet d’accusation de crimes pris dans d'autres contextes ("menace terroriste", "association criminelle")".

 

 

 

Cependant la criminalisation des revendications du peuple Mapuche au Chili se poursuit de manière incessante. Les diverses communautés rurales des VIIIe IXe et Xe régions sont militarisées et subissent des contrôles et des perquisitions régulières et violentes de la police.  Ainsi, Pascual Pichun, sa communauté et particulièrement sa famille, ont dû faire face pendant trois ans à un véritable "encerclement policier", avec l’utilisation d'hélicoptères, une surveillance permanente de la zone, des contrôles d'identité sur des voies publiques, des perquisitions nocturnes et des arrestations arbitraires et extrajudiciaires.

 

Pour tous ces faits rapidement mentionnés, nous soutenons la demande d'asile politique que Pascual Alejandro Pichun Collonao a présenté à votre Comité car sa demande remplit toutes les conditions exigées par le Statut pour l'Asile de l'Organisation des Nations Unies (ONU) selon la Convention de 1951 sur le Statut des Demandeurs d'Asile: il s'agit d'une personne persécutée en raison de son état de membre du peuple Mapuche (persécution pour des raisons ethniques) et de militant social (persécution pour des raisons politiques). S'il était renvoyé au Chili, nous sommes fondés de craindre que sa liberté et ses droits pourraient encourir de sérieux risques, comme c’est le cas aujourd'hui avec une partie de son groupe familial. 

 

L'Argentine, Etat fédéral, qui regroupe sur son territoire une importante population mapuche dans les provinces de Río Negro, Neuquén, Chubut, Santa Cruz, Buenos Aires et La Pampa, a reconnu les droits des peuples indigènes dans sa constitution politique et a ratifié les accords internationaux tel que l'Accord 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). C’est également un Etat qui, dans le passé, excepté durant la dictature, a été solidaire en offrant un refuge aux militants persécutés de différentes nationalités. 

 

C’est pourquoi, nous sollicitons de votre bienveillance une réponse favorable à la demande d'asile de ce jeune combattant indigène, de sorte que sur cette terre argentine et à côté des frères de son peuple, il puisse évoluer et vivre en paix et dans la justice.

 

Vous remerciant de l’attention portée à cette requête, nous vous prions, Monsieur, de croireen nos sincères et respectueuses salutations.

 

 

 

(Signature) 

 

 

 

Envoyer à l'adresse suivante: 

 

CEPARE - Secretaria

Telefax:(54-11)-4342-9538;  (54-11)-4342-9496: 

Hipólito Irigoyen 952, Plancher 1°.  (1086) Buenos Aires - Argentine

 

 

COMMISSION POUR L'ASILE POLITIQUE EN ARGENTINE DE PASCUAL PICHUN COLLONAO: 

 

E-mail:  libertad_pascualpichun@yahoo.com.ar

Tel:  011 - 4307 5136 (Buenos Aires)

Portable:  0299 - 154 013 654 (Neuquén)

Puelmapu - Argentine