COMMUNIQUE

Prononcé par Juan Carlos Huichala, Mapuche Huilliche, à l'occasion du rassemblement de Millau, le Vendredi 29 Juin 2000.


En raison de cet important événement et par l’intermédiaire de l’association WILLIWERKEN (Association de solidarité avec les INDIENS MAPUCHES DU CHILI), les MAPUCHES veulent dire leur solidarité avec le camarade JOSE BOVE et se rassembler dans ce refus du modèle économique de marché néo-libéral au niveau mondial.
Les MAPUCHES considèrent comme de première importance, le fait que le secteur paysan Français, avec d’autres secteurs sociaux, organisations et associations s’opposent de manière concrète à un modèle économique qui attaquent les intérêts d’une grande partie de la population.

Au niveau des pays appelés du tiers monde, et en particulier en Amérique latine, le système capitaliste au travers du modèle néo-libéral ne nous a amené que les désastreuses séquelles des injustices sociales, culturelles, et économiques et la destruction de l’environnement. Cette situation touche principalement et directement les peuples originaires, dans le cas présent le peuple Mapuche, qui au travers de son histoire a toujours vécu en équilibre et harmonie avec la nature. En ce moment notre peuple avec ses communautés luttent héroïquement en de constantes mobilisations contre le gouvernement Chilien et les grandes entreprises multinationales. Actuellement ces entreprises pillent et menacent de destruction toutes les ressources naturelles qu’ont conservé nos communautés et en conséquence mettent en péril la survie et le futur de notre peuple.

Ces entreprises sont le fruit de ce système économique injuste et du modèle néo-libéral mondialisé, lesquels n’ont d’autres objectifs que l’insatiable rentabilité économique pour un secteur minoritaire et privilégié de la société, et n’ont que faire des désastres qu’ils causent à tous les niveaux.

Le peuple MAPUCHE et ses communautés continueront à s’opposer et à résister à cette politique injuste, vorace et destructrice parce que c’est la seule alternative qu’il nous reste pour continuer d’exister.

Pour les Mapuches la nature et ses ressources sont partie intégrante de notre vie et de notre existence, c’est là que nous rencontrons les bases de notre culture et identité de peuple, c’est pour cela qu’il n’y a pas d’espace dans notre cosmovision et forme de vie pour les logiques mercantiles, injustes et destructrices de ce système et modèle économique.

C’est la raison pour laquelle nous sommes venus à cette activité pour rendre publique notre solidarité avec le camarade JOSE BOVE et lui dire que nous partageons sa lutte pour des raisons similaires. Je voudrais dire aussi, que comme pour Monsieur BOVE, en ce moment au Chili, il y a une grande quantité de MAPUCHES qui inculpés, poursuivis et incarcérés par le gouvernement Chilien. Le plus significatif à ce niveau, est l’emprisonnement de notre frère VICTOR ANCALAF, porte-parole et dirigeant de communautés qui luttent contre l’avance des transnationales forestières sur le territoire MAPUCHE.

Il est évident que s’est officiellement établi au niveau international un modèle économique qui a traversé les frontières des états, qui justifie et argumente toutes les politiques de discriminations et injustices, à tous les niveaux, et qui sont appliquées par les gouvernements correspondants à chaque état. Mais ces positions officielles ne doivent en aucun cas influencer les nôtres, nous qui sommes affectés par ces politiques et qui devons en conséquence, mettre en évidence la responsabilité, unique, qu’ont les autorités gouvernementales dans l’application, la régulation et la promotion de ce système injuste et de ce modèle économique.

 

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