La
"guerre préventive" contre le peuple mapuche
Traduit
d’un article de Lucía Sepúlveda Ruiz
dans
la revue Rebelión
Au Chili, ont été mis en place des mécanismes répondant
à la logique de la « guerre préventive », à savoir diviser le monde
en ennemis et en amis. Dans la catégorie des « ennemis », l’Etat
chilien y a catalogué les jeunes qui expriment leur mécontentement pour
l’absence de perspectives d’avenir, les étudiants
qui dénoncent l’éducation mercantile, les travailleurs qui luttent pour un
salaire digne et surtout les Mapuche qui revendiquent leurs terres ancestrales.
C’est le cas de ces derniers qui nous préoccupe beaucoup aujourd’hui.
La manifestation légale extrême de cette
criminalisation des luttes du peuple mapuche est la remise en application de la
Loi Antiterroriste de l’époque de Pinochet. Elle a été utilisée depuis le 30
octobre 2008 pour juger les citoyens chiliens militants de la cause mapuche
accusés d’avoir lancé des cocktails Molotov à des véhicules de police, sans
qu’il en résulte de blessés ni de dommages majeurs.
Aujourd’hui, il y a au Chili 48 militants
mapuche détenus, 17 en liberté conditionnelle en attente de procès, 2 réfugiés
politiques.
Tous ceux qui purgent une condamnation, que
ce soit en application de la loi antiterroriste ou non, ont été jugés pour des faits
liés à des récupérations de terres ou pour la défense de leurs droits. Ainsi,
le 20 janvier 2008, la Cour Suprême a confirmé la sentence rendue à l’encontre
de Roberto Manquepi Vita, dirigeant de la communauté Trapa Trapa-Butalelbum de
la commune de Bío Bío. Il a été condamné à 5 ans et un jour pour « vol commis
avec violence », mais en réalité il s’agissait de sa participation à la
récupération de pâturages pour son bétail sur sa propre terre ancestrale, le
fonds de terre Cochico, usurpé par des colons. Il était également présent dans
les actions de récupération de terres menées à Valle del Quelco. Il est maintenant
détenu dans la prison de Los Angeles pour ce « crime » de caractère
social.
Chaque fois qu’une communauté se mobilise
pour défendre ses droits, la réponse de l’appareil d’Etat est la répression. Le
gouvernement de la Présidente Bachelet a annoncé en avril 2008 une politique dénommée
« Re-connaître ». Mais ce qu’elle écrit d’une main est effacé par son
bras policier. Ce qui se passe en territoire mapuche est inimaginable dans le
reste du Chili, sauf si l’on remonte au temps de la dictature. La violence des
perquisitions, la surveillance et la persécution de la police armée, le climat
de peur et les souffrances qu’endurent les familles mapuche, les montages
policiers et médiatiques, les départs clandestins du Chili pour demander asile
à Mendoza ou en Suisse nous rappellent ce que fut la vie sous la dictature. L’exil
est le chemin qu’ont dû prendre en 2008 la petite Relmutray Calfunao pour fuir
la persécution endurée par sa communauté Juan Paillalef et le dirigeant Pedro
Vivanco Rebolledo qui a échappé ainsi à la condamnation à 5 ans de prison pour
participation à des récupérations de terre dans la zone de l’Alto Bio Bio.
Criminaliser c’est aussi une manière
d’assassiner les militants sociaux car certains cas passent par la justice
militaire.
C’est ainsi que l’impunité continue avec
les cas de Matias Catrileo, tué d’un impact de balle tiré par des policiers, à
Vilcun, le 3 janvier 2008, et de Johnny Cariqueo, mort le 1er avril
2008, après avoir été torturé par des policiers à Pudahuel. Aucun des policiers
auteurs de ces crimes n’a été poursuivi et inculpé.
Il faut aussi rappeler que certains procès
menés à l’encontre de membres de communautés sont entre les mains de la justice
militaire. C’est le cas d’Ivan Llanquileo, de la communauté Juana Millahual,
qui est incarcéré dans la prison d’El Manzano, à Concepcion.
Les médias et la criminalisation
La presse chilienne qualifie
instantanément de « terroriste » tout Mapuche en état d’arrestation
de même que les Chiliens qui, comme la documentariste Elena Varela ou les
étudiants de 3e année d’anthropologie de l’Université de Temuco,
Jonathan Vega Gajardo et Fénix Delgado Ahumada, apportent leur soutien actif
aux mobilisations pour la récupération de terres. Avant même que les détenus
soient jugés, ils sont déjà condamnés par les médias chiliens.
Dans le cas d’Elena Varela, l’immense
majorité de la presse a d’emblée accepté l’accusation officielle du Ministère
Public sans questionner les faits ni enquêter sur les raisons de son
arrestation. Seul le réseau alternatif d’Internet a permis de diffuser sur ce
cas et d’autres cas une information émanant de sources directement concernées.
Les actions menées par les communautés sont
traitées hors de leur contexte social, mais en revanche les propriétaires des
entreprises forestières et les agents du gouvernement bénéficient d’un espace
dans les médias pour y donner leur version des faits. On parle du « conflit
mapuche » en ne désignant qu’une partie du conflit, précisément pour disculper
de la violence institutionnelle les autres acteurs concernés. Le conflit, de
toute façon, s’entend comme Mapuche/compagnies forestières ou
Mapuche/usurpateurs, mais cela se rapporte à l’histoire et n’intéresse pas les
médias.
Cependant, récemment, la presse nationale a
offert un grand espace aux informations concernant les nouvelles méthodes du
travail de la police et des services de renseignements dans la région.
Schizophrénie officielle ou politique
du « bien et du mal »
En appliquant depuis 2008 la législation
antiterroriste que Mme Bachelet avait publiquement abandonnée, le Procureur de
la Région de Temuco, Francisco Ljbetic, participe à la politique
schizophrénique de l’Etat et de la Concertation. C’est ainsi que, d’une part, il
approuve et signe la Convention 169 de l’OIT et d’autre part déclare, par la
voix de son sous-secrétaire de l’Intérieur, Felipe Harboe, que les lois sont là
« pour être appliquées ». Recourir à cette loi en démocratie
constitue une régression inacceptable.
Le 24 octobre 2008, la Cour d’Appel de
Temuco a, à son tour, continué d’appliquer la loi antiterroriste en refusant la
liberté conditionnelle à Patricia Troncoso Robles et aux frères Marileo Saravia
qui avaient déjà accompli plus de la moitié de leur condamnation de dix ans et
un jour de détention. Les aménagements carcéraux dont ils bénéficient
actuellement sont les résultats de 112 jours de grève de la faim de Patricia
Troncoso actuellement détenue au Centre d’Education et de Travail d’Angol.
À l’abri de cette loi, des tribunaux ont
pris l’habitude de recourir à des témoins « cachés» et non identifiables à
l’encontre de membres de communautés inculpés, il s’agit là d’une pratique
totalement illégale. Récemment, dans une affaire d’incendie, Juan Lagos, juge
de Cañete, a, de façon inédite, refusé la présence de témoins cachés, mais, le
13 novembre 2008, la Cour d’appel a ordonné de révoquer cette décision et un
nouveau procès aura lieu avec un autre juge.
Les procureurs spécialisés dans les procès
contre les Mapuche parmi lesquels Mario Elgueta ne sont pas accoutumés à perdre
leurs procès, pas plus que l’Agence Nationale de Renseignements. Ils ont réussi
à obtenir que la Cour d’Appel de Concepcion accepte de réviser la demande
d’annulation du jugement du tribunal oral de Cañete qui a acquitté le Lonko
Avelino Meñaco, le 3 novembre 2008. Ce Lonko est resté huit mois en prison,
accusé d’incendie de cabanes quand en réalité il se trouvait à cette date à l’extérieur
de la région. Les manœuvres qui ont entouré ce procès ont révélé des manipulations
destinées à créer des divisions entre différentes organisations mapuche, manœuvres
qui méritent une enquête de fond.
Climat de peur et criminalisation
Le 11 décembre dernier, la Cour d’Appel
devait commencer le procès du Lonko Meñaco. Mais de façon suspecte, deux jours
avant la nouvelle comparution, c’est-à-dire le 9 décembre, la maison de son
avocat, Lorenzo Morales Cortés, a été perquisitionnée, on lui a confisqué son
ordinateur ainsi que la documentation concernant la défense d’Avelino Meñaco.
De plus la police a aussi perquisitionné la maison de ses parents. Lorenzo Morales
a réalisé un excellent travail professionnel dans la défense des Mapuche
inculpés. La présence croissante de défenseurs privés spécialistes en droits de
l’homme ainsi que de professionnels aussi réputés que l’ex-juge Juan Guzman a
été vitale pour gagner des procès, ce qui aurait été impossible avec des avocats
commis d’office.
Le climat de peur créé par les Procureurs
fait partie aussi de la criminalisation que nous sommes aujourd’hui en train
d’analyser. Ce climat a affecté aussi les professionnels de l’Observatoire
Citoyen dont le droit à défendre les Mapuche inculpés a été remis en cause à
différentes occasions par le Procureur régional de Temuco.
D’autre part, le rôle des juges de
garantie a pour fonction, en général, de réaffirmer la criminalisation de ces luttes.
Il est habituel que les détenus mapuche passent plus de huit mois en prison
préventive ou doivent remplir des procédures compliquées de garantie qui rendent
difficiles leurs tâches quotidiennes ainsi que la participation de leurs
organisations. La Cour d’Appel de Temuco réagit rapidement pour révoquer les décisions
de libertés conditionnelles concédées, dans certains cas, par un juge de
garantie.
Toujours plus de criminalisation et
plus de torture
Les cas de tortures et de maltraitance
dénoncés ces derniers temps au Chili sont en augmentation permanente. La
Commission Ethique a rédigé un rapport en juin 2008 concernant 55 cas de prison
politique et de maltraitance à l’encontre de membres de communautés mapuche
survenus durant le gouvernement de la Présidente Bachelet à laquelle cette
dénonciation a été transmise. Le gouvernement n’a donné aucune réponse à cet
envoi. Nous avons réactualisé ce rapport en décembre 2008 et à cette date nous
arrivons malheureusement à un total de 69 cas. 34 des cas dont trois femmes demeurent
dans différentes prisons : Angol, Victoria, Arauco, Los Angeles, Lebu,
Traiguén et Temuco.
Aux dénonciations de torture et de
traitement humiliant déjà faites en juin 2008, nous ajoutons maintenant sept
nouveaux cas :
- Le mineur de 13 ans, Patricio Queipul
Millanao (communauté de Temucuicui), arrêté lors d’une perquisition le 4
décembre 2008, disparu et pratiquement séquestré par la police qui l’a frappé
et interrogé dans deux commissariats et libéré en pleine nuit, loin de son
domicile.
- Le mineur RHI, de 17 ans, élève du Lycée
Industriel de Temuco, détenu en application de la Loi Antiterroriste le 31
octobre et de façon irrégulière puisque détenu dans une prison pour adultes,
situation qui a été par la suite réparée.
- Le mineur Luis Marileo Cariqueo, de 17
ans (communauté Cacique José Guiñon), maltraité lors d’une perquisition, a
souffert d’une fracture de la mandibule. Jorge Mariman, âgé de 18 ans, a été
aussi blessé à la jambe et a eu le bras fracturé lors de la même perquisition.
- L’étudiant José Ancalao, torturé le 1er juillet à l’intérieur d’un bus de policiers des forces spéciales après avoir
participé à une marche à Temuco pour refuser la Loi Générale de l’Education.
- Le « comunero » Julio Cayhuan
a dénoncé avoir été torturé dans le Commissariat de Collipulli et dans le
Centre de Renseignements d’Angol, le 18 octobre 2008, après s’être présenté
volontairement suite à une convocation.
- Le « comunero » Jaime
Huenchunao, gravement malade, a été soumis à la torture et à des traitements
dégradants dans la prison de Temuco. La Cour d’Appel a ordonné qu’on lui retire
les chaînes qui l’attachaient après avoir accepté un recours de protection requis
par l’ex-juge Juan Guzman (septembre/octobre 2008).
- Le « comunero » Roberto
Painemil Parra, de Yeupeco Vilcún, a été acquitté le 3 juin du délit d’incendie
dont on l’avait imputé sous la torture. Il a dénoncé au tribunal les faits
vécus dans la prison de Nueva Imperial. Le tribunal oral a aussi acquitté
Hector Llaitul, dirigeant de la Coordinadora Arauco Malleco des Communautés en
Conflit alors que l’unique charge qu’on lui imputait reposait sur les
déclarations de Roberto Painemil. Tous deux ont passé un an et quatre mois de
prison préventive avant d’être jugés.
La réponse à la criminalisation
La Commission Ethique participe à une
large coordination d’organisations de droits de l’homme, de droits sociaux, de
personnalités qui développe une campagne dénommée « Alto Ahi » contre
la violence policière, sachant qu’il est nécessaire de sensibiliser la société
sur les problèmes déjà cités antérieurement. La société ne peut accepter l’impunité
sur des faits qui, en accord avec les normes internationales des droits de
l’homme, constituent des crimes de lèse humanité.
Le Chili est un pays signataire de la
Convention contre la Torture et autres traitements cruels, inhumains et
dégradants, c‘est pour cela que la Commission Éthique Contre la Torture (CECT)
considère comme un devoir non seulement de dénoncer ces faits à l’intérieur du
pays mais aussi d’en informer le Comité contre la Torture des Nations Unies.
La criminalisation de la lutte du peuple
mapuche s’inscrit dans un climat de répression générale de la mobilisation
sociale au Chili. Il est nécessaire de créer un climat de refus de l’usage de
la violence policière et d’ouverture aux aspirations et demandes du peuple
mapuche en appuyant son exigence de dérogation de la loi antiterroriste et de
fin de la militarisation des territoires des communautés.
Des initiatives comme celle de ce
séminaire contribuent à aller dans ce sens, en permettant un rapprochement
entre peuples qui ont des valeurs communes et qui aspirent à se comprendre, à
se connaître de façon réciproque et fraternelle.
Une part de la stratégie de la
criminalisation est d’isoler les groupes qu’on veut réprimer. En conséquence
notre réponse en tant que société civile et organismes des droits de l’homme
doit conduire à des instances de rencontre, de collaboration et de dialogue
solidaire.
Avril 2009
48 militants mapuche détenus, 17 en
liberté conditionnelle en attente de procès, 2 réfugiés politiques
Centre de Détention Préventive d’Angol
(Los Confines S/N)
1.- Jaime Eduardo Huenchullan Cayul, « werken »
(porte-parole) de la communauté de Temucuicui, Ercilla. Il s’est rendu volontairement
aux autorités, le 18 septembre 2008, car il se trouvait gravement malade.
Condamnation requise par le procureur : 15 ans de prison dont 5 ans
pour l’incendie d’un camion, 10 ans pour l’incendie d’un plant d’avoine et 100
jours pour les menaces et dommages subis par le propriétaire foncier René Urban.
La Cour d’Appel de Temuco a accepté le recours de protection présenté par l’ex-juge
Juan Guzmán ce qui a permis qu’on cesse la torture que lui infligeait les fers
qui le maintenait attaché depuis le début de sa détention et les traitements
inhumains auxquels il était soumis. Son procès simplifié a eu lieu le 2 mars à
Collipulli pour le délit de « menaces et attentat contre autorité ».
2.- Jorge Huenchullan Cayul, werken
de la communauté de Temucuicui, inculpé d’un supposé homicide accidentel du jeune
Juan Cruz Magna qui visitait sa communauté, le 14/12/2008 et de possession
d’arme à feu. Il s’est présenté volontairement comme témoin et allègue être
l’objet d’un montage policier. À dix reprises, antérieurement, il a été
acquitté pour de fausses accusations. En attente de son jugement.
3.- Julio Juan Caigual Nahuelpi, de la communauté Autonome de
Temucuicui. Il s’est présenté volontairement aux autorités le 20 octobre 2008. Il
a dénoncé avoir été soumis à la torture dans le commissariat de Collipulli et
dans le centre de renseignements d’Angol. Il est accusé d’avoir commis un
incendie dans la propriété de René Urban. Condamnation requise par le
procureur : 15 ans de prison dont 5 ans pour l’incendie d’un camion,
10 ans pour l’incendie d’un plant d’avoine et 100 jours pour les menaces et
dommages subis par le propriétaire foncier René Urban. En attente de son
procès.
4.- Camilo Tori Quidinao, de la communauté
autonome de Temucuicui, Ercilla. Inculpé de tentative d’homicide pour des faits
survenus le 6 décembre 2008. En attente de son jugement.
5.- Luis Tori Quidinao, werken de la communauté Autonome de
Temucuicui. Détenu le 19 novembre 2008, alors qu’il déposait plainte pour des
coups reçus par des membres de la communauté Ignacio Queipul, située dans le
même territoire. Inculpé de vol avec intimidation, menaces, dommages et
maltraitement d’animal à l’encontre des membres de la communauté Ignacio
Queipul, le 19/11/2008. En attente de jugement.
6.-
Marcelino Levicura Manquel. communauté autonome de Temucuicui, Ercilla. Inculpé de menaces et attentat contre l’autorité pour
des faits survenus en août 2006, quand des personnes de la Conadi sont arrivées
dans sa communauté.
7.- Miguel Angel Tapia Huenulef, de Santiago. Inculpé d’ujn supposé incendie, de tentative d’homicide et de blessures
à caractère terroriste outre le vol et l’incendie de terres sur la propriété
San Leandro à Lautaro le 12/01/2009. Inculpé d’autre part de possession
illégale d’arme à feu, de munitions et de cartouches ; possession illégale de
substances destinées à la confection d’explosifs et possession illégale d’arme
de guerre et autres armes interdites (grenades). Incarcéré en cellule d’isolement
à la prison d’AngoL depuis le 11 février 2009, la Gendarmerie étudie son
transfert dans une prison de Haute sécurité à Santiago.
8.-
Luis Millacheo Ñanco, communauté Newen
Mapu José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Inculpé
d’incendie de camion d’entreprise forestière le 26/04/08 dans le secteur de
Pidima, Ercilla. Condamnation demandée par le Procureur : 15 ans dont 5 ans pour incendie et 10 ans et un
jour pour vol avec intimidation
9.-
José Millacheo Nanco, communauté Newen Mapu José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Inculpé d’incendie de camion d’entreprise forestière le
26/04/08 dans le secteur de Pidima, Ercilla. Condamnation demandée par
le Procureur : 15 ans dont 5 ans pour
incendie et 10 ans et un jour pour vol avec intimidation.
10.-
Andrés Alejandro Lican Lican de la communauté Newen
Mapu José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Inculpé d’incendie de camion
d’entreprise forestière le 26/04/08 dans le secteur de Pidima, Ercilla Condamnation
demandée par le Procureur : 10 ans dont 4 ans maximum incendie et 6 ans pour
vol avec intimidation.
11.-
Juan Lican Melinao de la communauté Newen
Mapu José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Inculpé d’incendie de camion
d’entreprise forestière le 26/04/08 dans le secteur de Pidima, Ercilla. Condamnation
demandée par le Procureur : 5 ans pour incendie
12.-
José Pedro Millacheo Ñanco de la communauté Newen
Mapu José Millacheo de Chequenco, Ercilla Inculpé
d’incendie de camion d’entreprise forestière le 26/04/08 dans le secteur de
Pidima, Ercilla Condamnation demandée par le Procureur : 4 ans maximum pour
incendie. Détenu depuis le 2 mai 2008.
Vendredi 20 février, au tribunal Oral de
la prison d’Angol s’est déroulé le procès de 5 membres Mapuche de la communauté
mapuche Newen Mapu (Chequenco, Ercilla). Dans le précédent procès, l’un des
accusés avait refusé l’avocat commis d’office pour prendre un avocat spécialiste
des conflits mapuche, ce qui a reporté le procès à la date du 20 février. Le
juge André Villagra Ramirez, entouré de procureurs et de défenseurs, a commencé
le procès à l’encontre de Leonardo Lican Ñanco, Juan Toro Ñanco, Juan Millacheo Ñanco, Andrés Lican Lican et Juan
Lican Melinao. Durant le procès, le Procureur a fait appel à 51 témoins dont 5
témoins « cachés et non identifiables ». Comme dans le procès du
Lonko Avelino Meñaco, les deux procureurs Mario Elgueta et Miguel Angel
Velazquez ont construit de véritables montages policiers-judiciaires à l’encontre
des accusés en utilisant des policiers en civil, en uniforme, des membres des
forces armées et de groupes politiques comprenant des propriétaires terriens.
Centre d’Education et de Travail (CET)
d’Angol :
13.- Patricia Troncoso Robles, militante chilienne solidaire du
peuple mapuche (cas de Poluco Pidenco). Le 24 octobre 2008, la Cour d’Appel de
Temuco rejeta sa demande de liberté conditionnelle l’obligeant à purger sa
peine de 10 ans et un jour (Loi Antiterroriste). La Commission Interaméricaine
de DDHH déposa un recours pour sa demande à l’encontre de l’Etat chilien. Grâce
à une très longue grève de la faim de 112 jours début 2008, elle parvint à
bénéficier d’un aménagement de sa peine : depuis mars 2008 elle est
détenue dans le Centre de Travail et d’Education d’Angol et bénéficie d’une
sortie dominicale.
14.- Juan Bautista Millalen Milla de la communauté Catrio Nancul, Collipulli. Inculpé
d’incendie terroriste sur le fond Poluco Pidenco et condamnné à 10 ans et un
jour de prison. Détenu depuis mars 2008, IL bénéficie actuellement d’une sortie
dominicale.
15.- José Benicio Huenchunao Mariñan, de la communauté El Malo, Lago Lleu Lleu, Tirua,
inculpé d’incendie terroriste sur le fond Poluco Pidenco (appartenant à
l’entreprise forestière Mininco) et condamnné en 2004 à 10 ans et un jour de
prison. Arrêté le 20 mars 2007 alors qu’il vivait en clandestinité a été transféré
en octobre 2008 au CET d’Angol.
Centro de Détention de Collipulli (Région
de l‘Araucanía)
16.- Juan Patricio Marileo Saravia, a été jugé pour le cas de Poluco Pidenco et condamné
en application de la Loi Antiterroriste à 10 ans et un jour. Il est en liberté
diurne, le soir il doit retourner au centre de police de Collipulli.
Centre d’Education et de Travail (CET) de
Victoria (Avenue Arturo Prat n° 210)
17.- Juan Carlos Huenulao Lielmil, communauté de Tricauco. Inculpé pour incendie
terroriste du fond de Poluco Pidenco il est condamné à 10 ans et un jour en
application de la Loi Antiterroriste. Il purge sa condamnation depuis août
2004.
18.- Mauricio Huaquilao Huaiquilao de la communauté Yeupeko-Fillkun inculpé d’incendie
terroriste, incendie simple, tentative d’homicide et menaces dans les
propriétés d’Eduardo Luchsinger le 16/08/2008 et inculpé aussi pour tentative
d’incendie terroriste pour des faits survenus le 30/10/2008 dans le ByPass de
Temuco. En détention préventive avant son jugement. Le 22 janvier 2009, sa
maison a fait l’objet d’une violente perquisition et de la saisie de vêtements,
livres, chaussures et matériel audiovisuel. Le 5 février, détenu à son
domicile, il subit une nouvelle fois une violente perquisition de sa maison.
19.- Carlos Cayupe Aillapán, communauté de Domingo Trangol, Victoria. Il est accusé
d’attentat incendiaire contre un camion commis le 26/12/07 sur la route 5 sud,
Secteur Quino, Victoria et condamné à 9 ans de prison pour homicide sans
préméditation, simples dommages et incendie. Il est détenu depuis le 8 septembre
2008.
20.- Rodrigo Huenchullan Cayul, dirigeant de la communauté Autonome de Temucuicui. Il
s’est présenté volontairement aux autorités en décembre 2008, dans un climat
d’intensification de la répression et de l’accroissement de la violence
interne. Accusé d’incendie et de menaces sur le fond Montenegro de la propriété
de René Urban le 12 octobre 2003. Accusé de menaces et dommages à l’encontre de
René Urban et Jorge Araneda en août et septembre 2004. En attente de la date de
son procès.
21.- Pedro Millanao Palacios, de la communauté Autonome de
Temucuicui, Ercilla, détenu depuis le 3 septembre 2008, il est accusé de
désordres et de vol.
22.- José Cuevas Levicura, de la communauté Autonome de Temucuicui, Ercilla,
inculpé de tentative d’homicide pour des faits survenus le 6/12/2008.
23.- Carlos Cayupe Aillapen, Communauté Domingo Trangol, Victoria, inculpé pour
l’incendie d’un camion commis le 26/12/07 sur la route 5 sud, Secteur Quino,
Victoria et condamné à 9 ans de prison pour homicide sans préméditation,
simples dommages et incendie.
Prison de Lautaro
24.- Andrés Gutiérrez Coña, étudiant de l’UCT âgé de 20 ans violemment arrêté à
Imperial le jeudi 6 mars. accusé d’avoir participé à un incendie contre la
propriété San Leandro appartenant à Pablo Hardener dans la localité de Lautaro.
André Gutiérrez est la seconde personne arrêtée de façon arbitraire à la suite
d’actions de résistance menées à l’aube du 12 janvier 2009. L’ordre
d’arrestation a été signé par le tribunal de Garantie de Lautaro en application
de la loi antiterroriste. Emprisonné à la prison de Lautaro, il est en attente
de son procès. Le 6 mars, la maison d’un de ses proches a été perquisitionnée
dans la commune de Cerro Navia, Santiago. Un avocat de sa famille a déposé un
recours de protection à la Cour d’appel de Temuco qui l’a immédiatement rejeté.
Durant la même période, vingt perquisitions ont été menées dans différentes
villes de la région ainsi que dans des communautés.
Centre Pénitentiaire de Temuco (av. Balmaceda n°450)
25.- Juana Rosa Calfunao Paillalef, 51 ans, mère de 5 enfants,
Lonko de la communauté Juan Paillalef, en Cunco, IXe région. Lutte pour la
défense de son territoire spolié par une entreprise électrique et par le MOP
(Ministère des Œuvres Publiques). Détenue depuis le 15 novembre 2006, elle
purge une peine de 4 ans et demi pour un comportement attentatoire à l’autorité
(désordres créés dans un tribunal). Elle se trouve actuellement dans un état de
santé précaire. Elle a été acquittée cette année dans un procès concernant des
menaces proférées à des voisins. Sa fille Relmutray s’est réfugiée en Suisse où
elle a demandé à bénéficier de l’asile politique pour échapper à la persécution
que subit sa famille dont la majeure partie se trouve ou s’est trouvée en
prison ou en liberté conditionnelle. Juana est détenue dans la prison de femmes
de Temuco.
26.- Antonio Onofre Cadin Huentelao, werken (porte-parole) communauté Juan Paillalef, Cunco,
époux de Juana Calfunao, détenu depuis le 15 novembre 2006. On lui a refusé
pendant plusieurs mois une assistance médicale malgré son grave état de santé.
Pour avoir « attenté à l’autorité » durant le procès de la Lonko
Juana Calfunao qui s’est déroulé en 2007 il a été condamné à 5 ans et un jour
de prison.
Prison de Valdivia
27.- Waikilaf Cadin Calfunao, détenu depuis le 17 août 2006, transféré en prison
de Haute Sécurité où il est demeuré emprisonné préventivement avec des mesures
extrêmement strictes de sécurité sans aucun jugement. À la suite d’une grève de
la faim entamée à partir du 1er octobre 2006 pour protester contre
les conditions irrégulières judiciaires et carcérales inhumaines auxquelles il
était soumis, il a été mis en liberté provisoire il y a 13 mois. Le 27 mars il
a été inculpé et accusé d’infraction à la législation sur les armes et
explosifs pour avoir posé deux bombes dans le supermarché Unimarc de la ville
de Temuco le 29 décembre 2008. Détenu provisoirement pour 5 mois.
Prison El Manzano de Concepcion, Camino a Penco n° 450, (Région
de Bío Bío)
28.- César Parra Leiva (25 ans), communauté Esteban Yebilaode Puerto Choque, Lago
Lleu Lleu, Tirúa, a organisé des récupérations de terres. Détenu en octobre
2008, il est accusé par le procureur militaire de tentative d’homicide à
l’encontre d’un policier sur le fonds de terre Labranza (juillet 2008). L’avocate
mapuche n’a pas souhaité assumer sa défense. Il a eu seulement un avocat nommé
d’office et a dénoncé le fait qu’il lui serait impossible de se défendre face
au montage policier dont il était victime.
29.- Ivan Llanquileo (Lonko de la communauté de Juana Millahual) en prison
préventive depuis septembre 2007, bénéficie d’une période de liberté
conditionnelle révoquée ensuite par la Cour d’Appel. Inculpé en juillet 2008
par le Procureur militaire de Concepcion qui l’a accusé de détention d’arme de
guerre (fusil M 16).
30.- José Huenuche, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une
rafle ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du
Chili) et l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de
trois communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention
préventive de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le
procureur régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et
d’ « association illicite terroriste » dans le cas de l’embuscade,
opérée la nuit du 15 octobre 2008 contre le véhicule du procureur Mario Elgueta
et trois autres véhicules de police arrêtés sur la route par un barrage de
troncs d’arbres au cours duquel le procureur aurait été atteint d’impacts de
plomb de fusil.
31.- Ramon Llanquileo, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle
ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et
l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois
communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive
de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur
régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et d’ « association
illicite terroriste » dans le même cas que précédemment..
32.- Norberto Parra Leal, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle ayant
mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et l’appui
d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois communautés du
secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive de 9 mois en
attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur régional Ximena
Hassi de tentative d’homicide et d’ « association illicite
terroriste » dans le même cas que précédemment.
33,- César Parra Leal, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle
ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et
l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois
communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive
de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur
régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et d’ « association
illicite terroriste » dans le même cas que précédemment.
34.- Juan Parra Leal, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle ayant
mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et l’appui
d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois communautés du
secteur de Puerto de Choque et de Cañete.. Il était déjà en liberté
conditionnelle en attente d’un jugement du tribunal militaire pour une supposée
agression à l’encontre de policiers. Détention préventive de 9 mois en attente
de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur régional Ximena Hassi de
tentative d’homicide et d’ « association illicite terroriste » dans
le même cas que précédemment.
35.- Segundo Nehuen, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle
ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et
l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois
communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive
de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur
régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et d’ « association
illicite terroriste » dans le même cas que précédemment.
Centre de Détention Pénitentiaire de Traiguén (Coronel Gregorio Urrutia n° 129)
36.- José Llanquileo Antileo, communauté Juana Millahual, Rukañanco, Lago Lleu
Lleu, Contulmo. Détenu depuis le 17 novembre 2006 et condamné en janvier 2007 à
5 ans et un jour pour « simple » incendie du fond Poluco Pidenco. Il
a obtenu accès à la sortie dominicale en octobre 2008.
37.- José Daniel Cayhuan Nahuelpi, communauté Autonome de Temucuicui. Détenu depuis le
17 octobre 2008, il est accusé d’incendie des propriétés de René Urban.dans le
secteur Quechereguas
Prison de Los Angeles (Vicuña Mackenna n° 530) (Région de Bío Bío)
38.- Lonko Roberto Manquepi Vita, dirigeant de la communauté Butalelbum de la commune de
Alto Bío Bío. Il participa à la récupération de terres ancestrales sur le fonds
de terre Cochico, terres usurpées par des colons, et à la lutte territoriale de
Valle del Queuco. Avec lui a été également condamné Pedro Vivanco Rebolledo qui
est resté dans la clandestinité et a demandé refuge en Argentine. Détenu depuis
le 20 janvier 2008, la Cour Suprême a confirmé depuis sa sentence à 5 ans et un
jour de prison pour vol commis avec violence.
39.- José Pedro Millacheo Ñanco, communauté Newen Mapu José
Millacheo de Chequenco, Ercilla. Détenu le 2 mai 2008, inculpé pour l’incendie
d’un camion survenu le 26 avril 2008. En prison préventive en attente d’un
procès où il risque une condamnation de 4 ans de travaux mineurs pour délit d’incendie.
40.- Luis Hernán Millacheo Ñanco, communauté Newen Mapu José
Millacheo de Chequenco, Ercilla. Détenu le 2 mai 2008, il est accusé
d’incendie de camion d’une entreprise forestière. Le Procureur requiert au
total contre lui 15 ans de travaux obligatoires.
41.- Andrés Alejandro Licán Lican, communauté Newen Mapuche de Chequenco. Détenu le 2
mai 2008, il est accusé d’incendie de camion d’une entreprise forestière. Le
Procureur requiert un total de 10 ans de prison.
42.- Juan Bernardo Licán Melinao, communauté Newen Mapuche de Chequenco. Détenu le 2
mai 2008, il est accusé d’incendie de camion d’une entreprise forestière. Le
Procureur requiert 5 ans de travaux obligatoires.
Prison de Lebu
43.- Javier Navarro, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle ayant
mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et l’appui
d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois communautés du
secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive de 9 mois en
attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur régional Ximena
Hassi de tentative d’homicide et d’ « association illicite
terroriste » dans le même cas que précédemment.
44.- Luis Menares, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle ayant
mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et l’appui
d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois communautés du
secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive de 9 mois en
attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur régional Ximena
Hassi de tentative d’homicide et d’ « association illicite
terroriste » dans le même cas que précédemment.
45.- Richard Nuhuel, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle ayant
mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et l’appui
d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois communautés du
secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive de 9 mois en attente
de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur régional Ximena Hassi de
tentative d’homicide et d’ « association illicite terroriste » dans
le même cas que précédemment.
46.- Carlos Muñoz, arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle
ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et
l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois
communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive
de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur
régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et d’ « association
illicite terroriste » dans le même cas que précédemment.
47.- Elcides Huiqueman arrêté le matin du 12 avril au cours d’une rafle
ayant mobilisé 130 effectifs de la PDI (police de renseignements du Chili) et
l’appui d’un contingent spécial de Santiago dans les domiciles de trois
communautés du secteur de Puerto de Choque et de Cañete. Détention préventive
de 9 mois en attente de la fin de l’instruction. Inculpé par le procureur
régional Ximena Hassi de tentative d’homicide et d’ « association
illicite terroriste » dans le même cas que précédemment.
48.- Jonathan Huillican, étudiant de l’INACAP, arrêté le 13 avril à
Temuco par ordre du procureur régional à Cañete, Ximena Hassi, pour sa présumée
participation dans le même cas que précédemment.
17 militants mapuche en liberté conditionnelle,
assignés à résidence en attente de leur procès :
1.- Luisa Calfunao Paillalef, 41 ans, mère de 4 enfants, sœur de la Lonko
Calfunao, de la communauté J. Paillalef. Condamnée à 3 ans de prison pour « attentat
contre autorité » et pour avoir blessé plus ou moins gravement des
fonctionnaires présents dans le tribunal et avoir détruit des documents du
procès, détenue depuis le 15 novembre 2006 au Centre de Contrôle pénitentiaire
de femmes de Temuco. Au moment de son arrestation elle paraissait déjà dans un
profond état de dépression dû à la persécution politique prolongée dont a
souffert sa famille, état qui s’est aggravé en prison. Des documents ont
circulé sur Internet permettant de la voir enchaînée aux chevilles et aux
poignets dans le secteur des malades psychiatriques. Elle a été libérée
conditionnement et assignée à résidence avec obligation de signature chaque
semaine tout en étant suivant des traitements psychologiques.
2.- Florencio Jaime Marileo Saravia, communauté José Guiñón (Ercilla). Détenu depuis mars
2008, la Cour d’Appel de Temuco refusa de lui accorder la liberté
conditionnelle le 24 octobre 2008, l’obligeant à purger sa condamnation de 10
ans et un jour (Loi Antiterroriste). Grâce à la grève de la faim (2008) qu’il a
maintenu avec Patricia Troncoso, il a obtenu un aménagement de sa peine. Il est
en liberté diurne, le soir il doit retourner au centre de police de Collipulli.
3.- Luis Amable Catrimil Huenupe, communauté de Tricauco,, Ercilla. Inculpé pour un
incendie du Fond Poluco Pidenco et condamné à 4 ans et un jour. Détenu le 17
avril 2008, il accomplit actuellement sa peine en liberté conditionnelle.
4.- Florencio Jaime Marileo Saravia, communauté Cacique José Guiñon, Ercilla. Inculpé
d’incendie terroriste du fond Poluco Pidenco. Condamné à 10 ans et un jour.
Réclusion nocturne dans le centre policier de Collipulli.
5.- Lonko Ivan Llanquileo Antileo, communauté Juana Millahual de Rucañanco, Lago Lleu
Lleu, Contulmo. Inculpé de possession d’arme de guerre par la justice
militaire. Détenu à la prison de El Manzano en septembre 2007. Est maintenant
en liberté conditionnelle avec obligation de signer une fois par mois chez le
Procureur militaire en attente de son jugement oral.
6.- Norberto Parra Leiva, communauté Esteban Yebilao de Puerto
Choque (Tirúa) a organisé des récupérations de terres. Arrêté en octobre 2008.
Il est accusé de vol d’une tronçonneuse d’entreprise forestière qui se serait
produit en mai 2007. En prison préventive en attente de son jugement, il est
maintenant en liberté conditionnelle assortie de mesure de sécurité.
7.- Leonardo Patricio Lican Ñanco, communauté Newen Mapu José Millacheo de Chequenco,
Ercilla, inculpé d’incendie d’un camion forestier le 26/04/08 en secteur
Pidima, Ercilla. Condamné à 4 ans de prison pour incendie. En liberté
conditionnelle.
8.- José Guillermo Millacheo Marín, communauté Newen Mapu José Millacheo de Chequenco,
Ercilla. Détenu le 2 mai 2008. Le Procureur requiert au total contre lui 4 ans
de travaux obligatoires pour délit d’incendie. En liberté conditionnelle.
9.- Fernando Enrique Millacheo Marín (21 ans) communauté Newen Mapu
José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Détenu le 21 novembre à Contulmo. Le
Procureur requiert contre lui 5 ans et un jour de travaux obligatoires pour le
délit d’incendie de camion dans le secteur San Ramón. En liberté
conditionnelle.
10.- Juan MartinToro Ñanco, communauté Newen Mapu
José Millacheo de Chequenco, Ercilla. Détenu le 2 mai 2008, inculpé pour
l’incendie d’un camion survenu le 26 avril 2008. En attente d’un procès où il
risque une condamnation de 4 ans de travaux mineurs pour délit d’incendie, est
à présent en liberté conditionnelle.
11.- Alex Bahamondes Garrido, Osorno Warria, inculpé d’incendie de deux camions
sur la Ruta 5 Sur, secteur Chamichaco, Ercilla le 05/01/08. Le Procureur a
requis 7 ans et six mois de prison pour incendie réitéré. Liberté
conditionnelle avec signature périodique auprès des autorités en attendant son
jugement oral.
12.- Juan Medina Hernandez, Concepcion Warria. inculpé d’incendie de deux
camions sur la Ruta 5 Sur, secteur Chamichaco, Ercilla le 05/01/08. Le
Procureur a requis 7 ans et six mois de prison pour incendie réitéré. Mesures
de garantie avec signature périodique auprès des autorités en attendant son
jugement oral.
13.- Erick Von Jenstick Vergara, Osorno Warria, inculpé d’incendie de deux camions
sur la Ruta 5 Sur, secteur Chamichaco, Ercilla le 05/01/08. Le Procureur a
requis 7 ans et six mois de prison pour incendie réitéré. Mesures de garantie
avec signature périodique auprès des autorités en attendant son jugement oral.
15.- Daniel Alveal Levicura, communauté autonome de Temucuicui, Ercilla. Inculpé
pour port illégal d’armes à feu. En liberté conditionnelle.
16.- Rodrigo Huechipan, Temuco Warria, inculpé de tentative d’incendie
terroriste pour une supposée tentative d’attaque incendiaire le 30/12/08 dans
le by-pass de Temuco. Assigné à résidence durant les 8 mois d’enquête en application
de la loi antiterroriste. Est à présent en liberté conditionnelle, en attente
de son procès.
17.- Juan Huenchullan Cayul, de la Communauté mapuche autonome de Temucuicui, a
été inculpé en tant que co-auteur d’une tentative d’homicide le 14 mars 2009.
Il est assigné à résidence la nuit et doit signer quotidiennement au
commissariat d’Ercilla.
Deux réfugiés politiques
Pascual Alejandro Pichun Collonao, fils du Lonko Pascual Pichun de la communauté de
Temulemu. Condamné comme son frère Rafaël à cinq ans de prison et au paiement
d’une amende de 6 millions de pesos pour l’incendie présumé d’un camion de
transport forestier. Il s’est réfugié en Argentine depuis décembre 2005.
Relmutray Cadin Calfunao, fille de la Lonko Juana Calfunao détenue ainsi que
son mari à la suite de sa condamnation pour atteinte à autorité. Elle s’est
réfugiée depuis octobre 2008 à Genève en Suisse en compagnie de sa tante Flor
Calfunao. Le 22 janvier dernier elle et sa nièce ont comparu devant une
instance d’accueil de réfugiés où elles ont exposé leurs motifs de trouver
asile en Suisse. Leur demande est en cours d’examen.
Trois acquittés :
Avelino Meñaco Lincopi, lonko de la communauté Pascual Coña, secteur de Lleu
Lleu, détenu depuis le 26 décembre 2007 et inculpé, sur la base de témoignages
anonymes, pour avoir brûlé une cabane. Les procureurs Velazquez et Elgueta
avaient requis contre lui une peine de 10 ans et un jour. Mais le tribunal de
Cañete l’a acquitté le 3 novembre 2008. Cependant les procureurs n’étant
pas habitués à perdre leur procès il ont fait appel auprès de la Cour de
Concepcion pour que soit tenu un nouveau procès. Le domicile de son avocat,
Lorenzo Morales, a été violemment perquisitionné les jours précédant l’examen
du cas par la Cour alors qu’il avait déposé un recours de garantie auprès de la
Cour Suprême. L’ex-juge Juan Guzman a pris l’affaire en main et, le mercredi 11
février, Avelino Meñaco a été une deuxième fois acquitté par le tribunal
de Cañete. (http://caravanaporlavida2008.blogspot.com/2009/02/avelino-menaco-lincopi-de-la-comunidad.html
Omar Huenchullan Cayul, communauté de Temucuicui, s’est présenté
volontairement en décembre 2008 comme témoin de l’homicide du jeune Juan Cruz
Magna, survenu dans la maison de sa famille le 14/12/2008. Inculpé pour homicide
etpossession d’arme à feu, il allègue être l’objet d’un montage policier dans
le cadre d’un grave conflit interne de sa communauté. Il se trouvait en fuite
en raison de menaces et dommages causés à René Urban et Jorge Araneda en août
et septembre 2004. Jugé le 15 avril et acquitté.
José Queipul Huequil, communauté Autonome de Temucuicui, Ercilla. Inculpé
de menaces et attentat contre une autorité, faits survenus en août 2006 quand
des personnes de la Conadi sont arrivées dans sa communauté. Désordres publics
aux alentours du fonds La Romana de René Urban, le 25/08/2006. Vol avec
intimidation, menaces, dommages et matraitance animale à l’encontre des membres
de la communauté Ignacio Queipul, le 19/11/2008. En liberté conditionnelle. Jugé
le 15 avril et acquitté.
Prisonniers politiques chiliens en
liberté provisoire assignés à résidence en attente de leur procès :
Elena Varela Lopez, documentariste.
Jonathan Vega Gajardo (26 ans), étudiant en 3e année
d’Anthropologie de l’Université Catholique de Temuco. Arrêté le 30 octobre 2008
dans sa maison. Pour la première fois depuis 4 ans, le Procureur régional
Francisco Ljbetic applique à son cas la Loi antiterroriste. La défense
considère qu’on se trouve face à un montage. Accusé d’avoir lancé un cocktail
Molotov en direction d’une patrouille policière, il est condamné à 8 mois de
prison préventive et assigné depuis peu à résidence jusqu’à la fin de la
période préventive.
Fénix Delgado Ahumada (23 ans), Temuco Warria, étudiant en 3e année d’Anthropologie de l’Université Catholique de Temuco. Inculpé pour une
supposée tentative d’attaque incendiaire le 30/10/08 dans le by pass de Temuco.
Pour la première fois depuis 4 ans, le Procureur régional Francisco Ljbetic remet
en application dans son cas la Loi antiterroriste. La défense considère qu’on
se trouve face à un montage. Accusé d’avoir lancé un cocktail Molotov en
direction d’une patrouille policière, il est condamné à 8 mois de prison
préventive en application de la loi antiterroriste. Ses proches subissent des
harcèlements et le 28 janvier sa famille subit une perquisition extrêmement
violente, sans présentation de mandat, de la part de civils masqués et d’effectifs
armés en uniforme qui commettent des destructions de l’habitation et le vol d’argent
et de différents objets. Fénix est sorti le 25 février en liberté conditionnelle
et est assigné à résidence.
Sources :
1.- Entretiens et communications personnels
avec des dirigeants de communautés, des avocats, le réseau Pulchetun et des membres
de l’Agrupación des familles de PP de la Coordinadora Arauco Malleco.
2.- Presse électronique d’organisations mapuche
et d’organisations de droits de l’homme :
www.observatorio.cl
www.politicaspublicas.cl
www.mapuexpress.net
www.mapuche.info
www.meli.mapuches.org
www.azkintuwe.org
www.memoriaindigena.blogspot.com
redchem.entodaspartes.org
www.cidh.oas.org/
Nota: Il est possible que dans la période
étudiée il y ait des inexactitudes et/ou qu’il y ait davantage de cas de
prisonniers politiques mapuche que ceux qui figurent dans cette synthèse La
situation varie extrêmement et l’information est difficile à obtenir étant
donné qu’elle est totalement dispersée et qu’il n’y a aucune statistique
officielle ni d’instance de défense du peuple qui ait abordé ce thème en tant
que tel.
Document traduit et réactualisé à partir
de l’intervention de la journaliste Lucia Sepulveda Ruiz, membre de la Commision
Éthique contre la Torture, à l’atelier sur la « Criminalisation des
luttes du peuple mapuche et les procès judiciaires », le 10 décembre
2008, au Centre des Droits de l’Homme de l’Université Centrale.
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